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La France face à la pénurie de médecins généralistes

Date de publication : 27/06/2017
La France connaît des difficultés de remplacement des médecins généralistes. Carrière Médicale vous éclaire sur leur situation actuelle en France.

 Médecins généralistes : des effectifs toujours en baisse

• En 2025, la France comptera un quart des médecins généralistes en moins !

Actuellement, la France compte une densité de 158 médecins généralistes pour 100 000 habitants. Cette densité devrait diminuer à l’avenir, en raison des départs à la retraite et du choix des jeunes diplômés d’exercer dans les zones bien dotées. En revanche, selon l’atlas 2016 du CNOM (Conseil National de l’Ordre des Médecins), les effectifs des spécialistes devraient se maintenir.
Dans moins de dix ans, la France devrait avoir perdu un quart des médecins généralistes.

 
• Les déserts médicaux, toujours d’actualité !

Les médias en parlent depuis de nombreuses années, certains territoires nationaux connaissent une réelle désertification médicale. La résolution de ce problème est un réel défi pour le pays. Les déserts médicaux résultent d’une concentration des nouveaux médecins dans les zones riches. Les jeunes médecins sont réticents à l’idée de s’installer dans des zones où services publics et accès aux soins sont limités. Les territoires où la part de la population âgée est la plus importante sont également ceux où la densité des médecins est la plus faible. A cela s’ajoute le vieillissement des médecins et leur départ à la retraite.
Ces disparités régionales s’expliquent par le manque d’attractivité des petites villes.
Près de 70% des maires des petites villes en périphérie d’agglomération affirment que les médecins qui partent à la retraite peinent à se faire remplacer. La situation s’aggrave dans les villes où les établissements hospitaliers ont fermé.

 

Entre 2007 et 2016, presque tous les départements français ont enregistré une baisse du nombre de médecins rapporté à la population.

 

Arrivée de médecins étrangers, une solution ?

Face à la diminution du nombre de médecins généralistes en France, les médecins étrangers semblent être la solution. 25 % de ces praticiens étrangers installés en France viennent d’Algérie et 11,5 % du Maroc.

Quasiment 20% des médecins inscrits à l’Ordre sont nés à l’étranger (dont 75% hors de l’Union Européenne). En revanche, le fait que les médecins soient étrangers ne signifie pas qu’ils aient eu leur diplôme à l’étranger. En effet, 22 568 médecins étrangers en activité sur 215 531 ont suivi leurs études en France. Près de 80 % des médecins maghrébins ont été diplômés dans l’Hexagone (72 % des Marocains, 90 % des Tunisiens et 86 % des Algériens),
En revanche, la tendance est inverse pour les médecins nés en Europe. Par exemple, seuls 11,5% des médecins Roumains sont titulaires d’un diplôme français.

Si les médecins étrangers comblent le manque de médecins généralistes français, ils ne pallient pas le manque de médecins libéraux. En effet, plus de 62% des médecins étrangers privilégient le salariat et les régions les mieux dotées. Seul ¼ des médecins étrangers choisissent le secteur libéral exclusif. Cela implique donc que les régions désertées le restent. L’arrivée de médecins étrangers comme solution au manque de médecins français et à la désertification est donc à nuancer.


@CNOM

Le gouvernement a également mis en place le pacte-territoire santé en 2012 pour garantir l’accès aux soins de tous les Français sur le territoire. Avec ce pacte, l’Etat a prévu de doubler le nombre de Contrats d’Engagement de Service Public (CESP). Ils permettraient aux jeunes étudiants ou internes de bénéficier d’une bourse en contrepartie d’un engagement d’installation dans une zone sous-dotée.

 

 

Pour résumer, la France enregistre de moins en moins de médecins généralistes. Les départs à la retraite ne sont pas toujours comblés et cela s’accentue dans les régions les moins dotées. Pour remédier à ce problème, l’Etat a mis en place un pacte territoire-santé, rendant attractif l’installation des jeunes médecins en zone rurale. Mais cette solution, tout comme l’arrivée de médecins étrangers pour pallier le manque d’effectifs restent à nuancer.
 

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